Menus travaux Lanaudière à l’ACFAS : une démarche qui rayonne et interpelle
Le projet Menus travaux Lanaudière a été mis en lumière le 11 mai dernier dans le cadre du Congrès de l’ACFAS, le plus important rassemblement scientifique francophone au monde. Cet événement d’envergure réunit chaque année des milliers de chercheur·euse·s, professionnel·le·s et acteur·trice·s de divers horizons autour du partage des savoirs, des pratiques et des innovations.
C’est dans ce contexte que s’est tenu le panel Menus travaux Lanaudière – Les besoins du milieu comme levier d’intersectorialité, offrant une tribune de choix pour faire connaître la démarche lanaudoise et la positionner au cœur des réflexions actuelles sur les réponses aux besoins des populations.
Animé par Lucie Didié, le panel réunissait plusieurs partenaires issus de différents milieux, dont Isabelle Perreault, préfète de la MRC de Matawinie et présidente de la Table des préfets, Brigitte Rhéaume de la Table régionale de concertation des aînés de Lanaudière, Marc Pelletier du CJE Matawinie et maire de la municipalité de Saint-Paul, Émilie Boisvert et Marylène Beaupré du CISSS de Lanaudière, ainsi que Patricia DesAlliers de Développement social Lanaudière.
Une reconnaissance à l’échelle scientifique et territoriale
La présence du projet à l’ACFAS dépasse la simple participation à un colloque : elle témoigne de la pertinence de la démarche dans un espace reconnu pour la rigueur de ses contenus et la portée de ses échanges. Être sélectionné dans une telle programmation signifie que les enjeux abordés et les apprentissages développés trouvent un écho bien au-delà du territoire lanaudois.
Plus encore, cela positionne Menus travaux Lanaudière comme une initiative capable de dialoguer avec des réflexions issues de la recherche, des politiques publiques et des pratiques de terrain. Cette mise en commun des perspectives contribue à renforcer la crédibilité du projet et à nourrir sa portée.
Des échanges riches, ancrés dans la réalité du terrain
Le panel a permis de croiser des regards complémentaires — municipal, communautaire, institutionnel et développement social — autour d’un enjeu concret : comment structurer des réponses durables à des besoins simples en apparence, mais complexes dans leur mise en œuvre.
Les discussions ont mis en lumière une réalité largement partagée : bien que les besoins liés aux petits travaux d’entretien à domicile soient bien documentés, leur prise en charge demeure fragmentée, souvent dépendante d’initiatives locales, et difficile à pérenniser.
Les interventions ont également permis de faire ressortir plusieurs apprentissages clés :
- l’importance d’une lecture fine des réalités territoriales ;
- la nécessité d’une collaboration intersectorielle réelle et structurée ;
- le rôle central de la concertation dans l’émergence de solutions durables ;
- les limites des approches ponctuelles ou non coordonnées.
Au-delà du contenu, la qualité des échanges a témoigné de la maturité de la réflexion en cours dans Lanaudière, ainsi que de la capacité des partenaires à porter un regard critique et constructif sur leurs propres pratiques.
Une démarche qui résonne au-delà de la région
L’intérêt suscité par le panel a confirmé que les enjeux abordés dépassent largement le cadre local. Plusieurs participant·e·s ont manifesté un intérêt pour la démarche, reconnaissant des défis similaires dans leurs propres milieux.
Cette résonance met en lumière le caractère transversal de la problématique : vieillissement de la population, maintien à domicile, accès à des services de proximité, mobilisation des ressources locales — autant de réalités partagées dans de nombreux territoires.
En ce sens, Menus travaux Lanaudière s’inscrit dans une réflexion plus large sur la capacité des communautés à s’organiser pour répondre de manière cohérente et durable à des besoins essentiels.
Une contribution à la réflexion collective
La participation à l’ACFAS a également permis de valoriser l’approche de recherche-action au cœur du projet. En documentant les pratiques existantes, en analysant les enjeux et en mobilisant les partenaires autour d’une démarche structurée, le projet contribue à faire avancer les connaissances sur les conditions de réussite de ce type d’initiative.
Plutôt que de proposer une solution toute faite, la démarche met de l’avant un processus rigoureux, itératif et ancré dans le terrain. Cette posture a particulièrement retenu l’attention, dans un contexte où plusieurs organisations cherchent à éviter les approches « clé en main » déconnectées des réalités locales.
Ainsi, le projet ne se limite pas à répondre à un besoin : il participe activement à la construction de savoirs collectifs, utiles tant pour la pratique que pour la réflexion scientifique.
Un besoin bien réel, au cœur des préoccupations
Au centre des échanges demeure un enjeu concret : de nombreuses personnes aînées ou en situation de handicap rencontrent des obstacles à la réalisation de petits travaux d’entretien à domicile.
Ces interventions, souvent perçues comme mineures, ont pourtant un impact majeur sur la sécurité des personnes, leur autonomie et leur capacité à demeurer dans leur milieu de vie. Lorsqu’elles ne sont pas réalisées, les conséquences peuvent être importantes, tant sur le plan individuel que collectif.
Reconnaître cette réalité, c’est aussi reconnaître la nécessité de structurer des réponses adaptées, qui tiennent compte à la fois des besoins des personnes et des capacités des milieux.
Poursuivre sur des bases solides
La participation à l’ACFAS marque une étape significative dans le parcours du projet. Elle vient consolider les apprentissages réalisés jusqu’ici et confirmer la pertinence de la démarche.
Les travaux se poursuivent avec les partenaires dans une optique de consolidation et d’approfondissement, avec la volonté de bâtir une réponse à la fois réaliste, structurée et durable.
À terme, l’ambition demeure la même : développer un modèle capable de répondre efficacement aux besoins du milieu, tout en s’inscrivant dans une logique de collaboration et de cohérence à l’échelle régionale.
Cet objectif s’accompagne toutefois d’un défi important : assurer la pérennité d’un service de ce type dans un contexte où les modèles existants reposent souvent sur des financements ponctuels ou des subventions. La démarche vise plutôt à explorer des avenues permettant une plus grande autonomie financière, tout en maintenant une tarification sociale accessible.
Cet équilibre — entre accessibilité, viabilité et indépendance financière — constitue l’un des enjeux centraux du projet et oriente les réflexions en cours, avec la volonté de bâtir une solution durable, ancrée dans les réalités du milieu et moins dépendante des aléas du financement externe, et, potentiellement, d’inspirer d’autres territoires confrontés à des défis similaires.
Entre savoirs, concertation et ambition, la démarche prend forme — avec en ligne de mire une solution concrète, accessible et faite pour durer.